
Allocution AD 2026
Madame, Monsieur les délégués de swisssem, Mesdames et Messieurs les membres d’honneur, chers collègues du comité, Mesdames et Messieurs les invités, Mesdames et Messieurs les représentants des établissements multiplicateurs, du commerce, des stations de recherche Agroscope, Mesdames et Messieurs les représentants des organisations de producteurs et des organisations professionnelles qui nous sont proches, chers collaborateurs, collaboratrices et membres du conseil d’administration de DSP SA, Mesdames et Messieurs les représentants de la presse, c’est un honneur pour moi de vous accueillir tous ici aujourd’hui à Morat pour la 104e assemblée des délégués de la Fédération suisse des producteurs de semences swisssem.
Je me permets de débuter mon allocution par un bref aperçu géopolitique. Nous avons toutes les raisons de le faire, car le monde semble actuellement tourner un peu plus vite qu’auparavant. La loi du plus fort nous est clairement démontrée. Les grandes puissances se comportent comme des prédateurs affamés et se répartissent le monde. La Russie s’empare de l’Ukraine, les États-Unis assurent leur suprématie au Venezuela et, en même temps, l’homme le plus puissant du monde, le président américain Donald Trump, revendique ses droits sur le Groenland. Peut-être un peu moins présent, mais non moins explosif, le Chinois Xi Jinping convoite l’île de Taïwan et attend le moment propice. Les États n’ont pas d’amis, seulement des intérêts ! S’il le faut, tous les moyens sont bons pour faire pression, qu’il s’agisse de moyens militaires, de politique douanière ou de renversement de gouvernements.
Pendant ce temps, nous nous réunissons ici, dans un petit État, au sein d’une fédération encore plus petite, pour notre assemblée annuelle des délégués et nous nous occupons des intérêts spécifiques de nos membres, les producteurs suisses de semences et de plants. On serait tenté de penser que, face à cette menace et à ces « offices religieux » des grands et des puissants, il est totalement insignifiant de se préoccuper de l’approvisionnement national en semences et en plants. Mais attention – et je m’adresse ici à vous, délégués, à vous, producteurs et productrices de semences : cette matinée vous appartient !
Et à juste titre ! Je suis fermement convaincu que l’importance de votre travail, ainsi que la rigueur avec laquelle vous l’accomplissez, ne saurait être suffisamment soulignée. On ne le répétera jamais assez – et je passe à la forme « nous » : En tant qu’entreprises de multiplication, nous sommes le maillon essentiel entre la sélection variétale et le marché des semences certifiées. Des semences dont le client connaît la qualité, garantie et certifiée sur chaque étiquette par la croix suisse. Notre travail contribue ainsi de manière cruciale à la sécurité de l’approvisionnement indigène. Cela exige un niveau élevé d’organisation. Notre fédération swisssem s’efforce de garantir les meilleures conditions-cadres possibles pour tous les acteurs de la filière semencière. En premier lieu pour nous, les producteurs, afin d’assurer l’ordre au sein du système – la coordination plutôt que le chaos. Mais notre fédération assume également chaque jour sa responsabilité en tant que lien avec les établissements multiplicateurs très appréciés de tous, les obtenteurs, les services de certification et autres autorités. En bref, swisssem s’occupe de tous les « trucs » non négligeables afin que nous, les producteurs de semences, puissions nous concentrer sur notre travail « sur le terrain », dans les cultures et dans nos exploitations. swisssem nous offre ainsi, à nous les producteurs, une valeur ajoutée considérable malgré sa structure réduite au strict minimum. C’est sur ce clin d’œil que je déclare ouverte l’assemblée des délégués.
Avant d’approuver le rapport d’activité, je voudrais, à titre de « bref rapport du président », relever quelques étapes positives et thèmes importants qui nous ont accompagnés au cours de l’année écoulée.
- Tout d’abord, nous avons de bonnes nouvelles du côté des cultures : après une très mauvaise année agricole en 2024, ce fut un grand soulagement de retrouver une bonne récolte de semences de céréales et même une excellente récolte de plants de pommes de terre en 2025. Les établissements multiplicateurs peuvent ainsi approvisionner le marché en semences et en plants en quantité suffisante.
- Délégation des contrôles d’exploitation pour les plants de pommes de terre à swisssem : l’année dernière, le nouveau contrat de prestations tant attendu pour la délégation des contrôles d’exploitation à swisssem a pu être signé avec l’Office fédéral de l’agriculture. Il est entré en vigueur rétroactivement au 1er janvier 2025. Le travail acharné mené depuis des années – j’évoque ce sujet pour la troisième fois déjà lors lors d’une AD – par Christof Rüfenacht, Adian Krähenbühl et Joël Grossrieder sur ce dossier complexe a porté ses fruits et la première année est déjà comptabilisée. Au nom de swisssem, je tiens à remercier l’Office fédéral de l’agriculture pour la confiance qu’il accorde à notre travail. Je tiens également à remercier chaleureusement Adrian, Joël et Christof ! Une Dream Team de choc.!
- Augmentation des contributions à des cultures particulières pour les semences et les plants à partir de la récolte 2026 : pour remonter aux origines de notre revendication pour une augmentation des contributions à des cultures particulièrespour les semences et les plants, il faut également revenir plusieurs années en arrière. Il y a un an, j’avais déjà annoncé que l’administration fédérale avait en principe accédé à notre demande. La diminution de la volonté de cultiver dans un secteur trop important a contraint l’OFAG à agir. Le résultat : 1 500 francs par hectare cultivé pour les plants de pommes de terre, les semences de maïs, de graminées fourragères et de semences de trèfle. Un succès qui deviendra réalité à partir de cette année.
L’année dernière, nous nous sommes néanmoins à nouveau adressés à l’OFAG avec des représentants de l’ensemble de la filière pomme de terre afin de relever la disparité qui persiste entre la rentabilité de la production de pommes de terre de consommation et de pommes de terre industrielles par rapport à la culture de plants de pommes de terre. Notre objectif était d’expliquer notre nouvelle revendication de 2 500 francs par hectare de surface cultivée en plants de pommes de terre, cette démarche restée sans résultat au niveau administratif. Avec l’aide de l’Union suisse des paysans et dans le cadre du processus budgétaire parlementaire, cette revendication a ensuite été soumise au niveau politique et a été approuvée par les deux chambres. Ainsi, une contribution de 2 500 francs par hectare sera versée pour les plants de pommes de terre en 2026. La Confédération renforce ainsi de manière significative la rentabilité de la production indigène de plants de pommes de terre et consolide clairement la volonté de les cultiver, dans l’intérêt de la sécurité de l’approvisionnement. Je tiens à remercier toutes les personnes impliquées, tant au sein des associations que dans le monde politique, pour leur aide. - Achat de terrain : comme vous avez pu le lire dans le rapport d’activité, la société Itea Immobilien SA nous a proposé l’année dernière d’acheter une parcelle agricole de 4,3 ha à Domdidier. Cette parcelle est exploitée depuis de nombreuses années par DSP SA, qui s’est toutefois trouvée dans l’impossibilité d’acheter elle-même le terrain dans un délai aussi court. La décision de swisssem d’intervenir et d’acquérir ce terrain a été immédiatement et sans réserve approuvée par le comité. L’autorisation formelle de l’autorité chargée des transactions foncières du canton de Fribourg nous a été accordée sans problème, malgré l’absence d’exploitation propre, car il s’agissait d’un regroupement d’un ensemble de parcelles déjà existant.
Je suis tout à fait conscient que l’achat ou le commerce de terrains agricoles ne fait pas partie des activités principales de swisssem, mais nous n’avons pas voulu laisser passer cette opportunité qui correspondait aux intérêts et aux besoins de notre filiale.